Un jour, une faute

J’ai regardé dernièrement l’émission Un jour un destin consacrée à Bernard Tapie et diffusée sur France 2 le 18 novembre.

Ce documentaire, qui rend hommage à une personnalité « ayant marqué l’histoire », se découpe en chapitres, chacun correspondant à une étape de sa vie.

Pour Bernard Tapie par exemple, le chapitre qui traite de l’époque où il achetait des sociétés pour les revendre s’appelle « le faiseur de fric ». Mais c’est le chapitre intitulé « le retour du phoenix » qui a attiré mon attention (je ne parle pas du fond, fort intéressant par ailleurs, mais du titre).

D’abord, pourquoi avoir écrit phénix en latin « phoenix »? Est-ce un clin d’oeil au groupe de pop français ? Curieux mélange des genres…

Mais il y a pire ! Par définition, le phénix est un oiseau fabuleux au plumage pourpre qui renaît toujours de ses cendres après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur. Il symbolise ainsi les cycles de mort et de résurrection.

La Fontaine l’a mis à l’honneur dans Le Corbeau et le Renard : « Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ». A noter que cet emploi comme métaphore pour désigner une personne (et même une chose) unique, exceptionnelle, n’a plus cours aujourd’hui.

Parler du « retour du phénix » relève donc du pléonasme.

En fouillant un peu, j’ai retrouvé l’ouvrage qui a peut-être influencé le choix de ce titre. Ecrit par Airy Routier du Nouvel Obs, il s’intitule : Le Phénix : le retour de Bernard Tapie.

Dans ce cas, la formule, bien qu’insistante, est correcte.

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