On est-il un con ?

Telle est la question. À l’école, mes professeurs m’assuraient que oui, pour me dissuader de l’employer (je crois bien que ma mère aussi s’en était mêlée). Souvenez-vous, quand vous récitiez vos conjugaisons, il était emmerdant, ce « on » : « il, elle, on… chante ». Comme moi, vous preniez peut-être un malin plaisir à le passer à la trappe, sans que personne ne s’en offusque particulièrement. Mais qui est-ce « on » ? Un mal-aimé victime de sa réputation ou un empêcheur de tourner en rond ? Omniprésent, il s’invite sans carton dans nos lectures et nos conversations… Enquête sur le plus rebelle des pronoms personnels.

 De l’homme à personne

 Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel : « on » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. À l’origine, il signifiait donc l’homme en général. Mais à force de désigner un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini. Quant à l’accusatif hominem, il a donné le nom commun « homme » que nous utilisons aujourd’hui. Cette racine commune existe dans d’autres langues, comme l’allemand où man (on) s’est détaché de mann (homme).

 Cette précision étymologique permet à « on » de redorer quelque peu son blason…

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De « rien » à « zéro » : les champions du grand écart étymologique

livreNous le savons, la langue française foisonne de surprises. Il suffit de plonger dans son étymologie pour le vérifier, etumologia en grec étant « l’étude du vrai » ! Tandis que certains mots ont vu leur sens s’atténuer (c’est le cas, par exemple, de l’adjectif aimable, littéralement « digne d’être aimé »), d’autres sont, si l’on peut dire, passés du tout au rien ou du rien au tout, à commencer par « rien » ! Non, vous n’êtes pas dans une parodie poussive d’un sketch de Raymond Devos : nous vous proposons un tour d’horizon de ces mots qui, au cours de leur histoire, ont changé de sens, de façon remarquable (au sens propre du terme). Voici nos cinq champions du grand écart étymologique.

– rien

Avant de définir l’absence de quelque chose, « rien » désignait le bien, la possession, la propriété. Le mot est issu du latin rem, accusatif de res, « chose ».

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Quatre questions que vous vous posez sur le pronom « on »

« On » : comment un si petit mot peut-il nous donner autant de fil à retordre ? À l’école, nos professeurs nous décourageaient de l’employer sous prétexte que « “on” est un con ». Trop familier, trop vague, trop équivoque, il est pourtant sur toutes les langues, de la plus courante à la plus exigeante. Son origine et sa forme sont riches en subtilités tandis qu’une erreur d’accord ou de sens estbien vite arrivée ! Voici les réponses aux questions que vous vous posez forcément sur cet étrange pronom.

 1- D’où viens-tu, « on » ?

Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel : « on » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. À l’origine, donc, il désignait l’homme en général. Mais à force de représenter un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini.

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