Des bêtes de mots !

Qu’y a-t-il de commun entre un ours, un canard, un dauphin, une mouche et une poule ?

À première vue pas grand-chose. Et pourtant, ces noms d’animaux ont la particularité d’être utilisés pour qualifier des choses, et même des personnes, qui leur sont bien étrangères ! Quel lien existe-t-il, en effet, entre un mammifère marin et l’héritier du trône de France?

Parfois, le rapprochement entre le sens propre du nom et son emploi figuré saute aux yeux. Dans d’autres cas, il est nécessaire de remonter le temps, car la réponse se trouve peut-être dans l’étymologie. Malgré tout, il arrive que la question ne soit pas complètement tranchée et donne lieu à diverses interprétations. Ce qui n’enlève rien au charme de ces mystérieux glissements de sens…

Tenez, ouvrez un journal ou un magazine, n’importe lequel, à la première page. Allez-y doucement quand même, il y a un ours dedans! Vous ne me croyez pas?

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RIP, Soulier !

Si vous vous rendez aux Galeries Lafayette boulevard Haussmann pour acheter de nouvelles chaussures, vous descendrez au sous-sol en empruntant l’escalator ou le petit escalier hélicoïdal qui se trouve au milieu de la maroquinerie.

Or, sur ledit escalier, tout autour de la rampe, on peut lire la mention suivante : « chaussures & souliers ».

Jusqu’alors, je pensais que les deux mots signifiaient, peu ou prou, la même chose. Mais si tel était le cas, pourquoi le grand magasin s’évertuerait-il à faire le distinguo ?

Comme il est d’usage dans ces moments de détresse linguistique, reposons-nous sur ce que nous dit le dictionnaire.

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Oxymore, antithèse : le Twilight test

Quel rapport peut-il y avoir entre des figures de style et la saga vampirique de Stephenie Meyer ? Au cas où vous l’ignoreriez, Twilight signifie « crépuscule ». Le crépuscule étant un moment de la journée (matin ou soir) où l’on n’y voit pas particulièrement clair. Or, certains jeux de mots, qui jouent sur l’opposition, ne sont pas très clairs non plus.

Voici trois exemples pour vous en convaincre, qui ont tous passé le Twilight test. Chaque expression est jugée à la lumière de trois volets de la saga : Hésitation – Tentation – Révélation. (Oui, bon, on a le droit de s’amuser un peu).

Avant toute chose, voici deux définitions :

Oxymore : deux antonymes (mots de sens contraire), généralement un nom+ un adjectif, se côtoient dans un même groupe grammatical

Antithèse : deux antonymes se côtoient dans un même énoncé

Une subtilité qui ne vous a pas échappée : dans l’oxymore, les deux termes mis en opposition sont côte-à-côte.

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Ce que la vente privée a encore de « privé »

Associé à un nom de chose ou de lieu, privé signifie auquel le public n’a pas accès. Mais pour la vente privée, la distinction semble des plus subtiles.

D’abord, il n’existe pas de définition juridique de la vente privée, mais on peut l’appréhender par opposition à une autre opération promotionnelle: les soldes.

1) Elle permet de destocker des articles de marque hors période de soldes;

2) Elle est proposée sur une courte durée (quelques jours tout au plus alors que les soldes durent cinq semaines);

3) Elle est circonscrite à un petit public (les soldes étant accessibles à tous) et nécessite d’avoir en sa possession une invitation, obtenue par inscription ou parrainage. Cette clientèle privilégiée éprouve un sentiment d’exclusivité qui, me dit-on, serait propice à l’achat compulsif…

Exclusivité: n.f, qualité de ce qui exclut, sans partage.

Voilà pour la théorie.

Passons à la pratique. J’ai dernièrement reçu par la poste un beau carton d’invitation des Galeries Lafayette pour ses « ventes privées ». Je l’ai reçu en tant que détentrice de la carte de paiement Galeries Lafayette. Munie de ces « sésames », j’arrive à l’un des stands « mode femme » du grand magasin où une étiquette ronde annonçant -30% orne la quasi-totalité des articles. Je demande au vendeur s’il est possible de payer avec ma carte bleue et non avec celle du magasin (il s’agissait pourtant de LA condition), il bafouille que, comme c’est le premier jour, la vente « privée » est ouverte à tous…mais il faut être dans le fichier client. Par chance j’y suis. Je le signale lors de mon passage en caisse. Le vendeur a l’air de s’en foutre comme de sa première chemise. Ok, j’ai compris, le « privé » dans « vente privée » c’est la grande illusion. Tant que les affaires, elles, sont bien réelles…

Sur Internet, c’est encore pire. La plupart du temps, il suffit de créer un compte (mail + mot de passe),  plus rarement d’être parrainé par un membre. Mais le tendance est à la démocratisation! Pour accéder aux vente privées sur le site des Galeries Lafayette (décidemment), il faut entrer le code « VPGL » soit « Ventes Privées Galeries Lafayette ». En plus d’être original (!), le code est indiqué juste au-dessus de la case à remplir… Le sentiment d’exclusivité, qui n’est qu’un leurre, se paie au prix de notre crédulité. Même mensongers, les mots sont tout-puissants.