Les organes du débat

À quelques heures du grand débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle 2012, rappelons-nous celui qui, il y a 5 ans, opposa Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy.

Qu’a-t-on retenu de ce débat ? Pas grand-chose, sur le fond comme sur la forme, si ce n’est un jeu de rôle surprenant : un Sarkozy d’un calme olympien (on attendait le « 1e flic de France » prêt à dégainer) versus une Ségolène (la madone de Charlety prêchant « aimez-vous les uns les autres » ) piquante à souhait… et à l’excès.

Durant un monologue qui semble interminable, elle s’emporte contre son adversaire sur la question de la scolarisation des enfants handicapés, mais bizarrement cette colère, qu’elle qualifie de « saine » manque terriblement de spontanéité !

C’est à ce moment qu’elle lâche une réplique aussi surréaliste que le reste : « Je ne m’énerve pas, je suis en colère », en réponse à Nicolas Sarkozy qui l’accuse de « perdre ses nerfs ».

Alors, 5 ans après (il n’est jamais trop tard), je me suis penchée sur la signification de cette phrase qui frise la tautologie en raison de la redondance de ses termes et du non-sens qui en découle.

« S’énerver » / « être en colère », n’est-ce donc pas la même chose ?

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Une campagne peut-elle tenir des promesses ?

En passant devant la dernière affiche de pub pour Skoda, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur la pertinence de leur slogan : « En 2012 découvrez la campagne, celle qui tient vraiment ses promesses ».

Je ne parle pas du fond : il est devenu commun qu’en période de campagne présidentielle, la pub utilise des accroches à connotation politique.  Ici, le slogan est basé sur le double sens du mot campagne, électoral et publicitaire. Cette ambiguïté a fait couler beaucoup d’encre depuis les années 60, époque à laquelle on pensait vendre un homme politique comme un savon.

En revanche, sur la forme, je relève une maladresse de langage.

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Sortez vos dicos : Villepin entre en campagne

Invité hier du Grand Jury Europe 1-Le Parisien, Dominique de Villepin a déclaré « La France ne peut pas vivre avec un président hémiplégique qui représente une seule partie des Français »

Pour ceux qui n’ont pas fait d’études de médecine, l’hémiplégie est la paralysie d’une ou plusieurs partie du corps d’un seul côté (touchant un hémicorps). Elle peut être totale, et dans ce cas, le membre supérieur, le membre inférieur, le tron et la moitié de la face sont touchés. (Wikipédia).

Nicolas Sarkozy, président de droite, serait pour ainsi dire paralysé de sa gauche. Dominique de Villepin, par essence « au dessus des partis », serait exempté de cet handicap.

Voilà ce qui arrive quand on laisse un homme qui a davantage fréquenté les livres que les électeurs se mêler de politique : on enrichit considérablement son vocabulaire ! Mais est-ce là le but d’une candidature à l’élection présidentielle?

Le but, non, mais un argument pour séduire les déçus du « style Sarkozy », certainement. Il est vrai que la qualité de son expression orale contraste avec les innombrables syncopes (« J’vais vous dire une chose », « Casse-toi pauv’ con » ou « M’me Merkel ») que l’on a l’habitude d’entendre de la bouche de notre Président. Villepin le sait et il en joue. S’il n’est pas élu, il pourra toujours dispenser quelques cours de français. De la cellule com de l’Elysée à David Douillet, ici aussi les candidats ne manquent pas…