Machine infernale

Reconnaissant envers un ami, vous lui rendez la pareille (un service équivalent) et non l’appareil, même si vous lui renvoyez l’ascenseur !

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Ô bel astérisque !

– Regarde ! Pour un produit acheté, le troisième est offert…

– Attends, y’a un astérix !

Lorsqu’en 1959, Goscinny – avec la complicité d’Uderzo – baptisa « Astérix » le héros de sa nouvelle bande dessinée, il n’avait pas songé que ce nom deviendrait populaire au point d’être confondu avec le mot dont il était issu : l’astérisque.

Difficile, quand on a appris le nom du guerrier gaulois avant même de soupçonner l’existence du signe typographique, de ne pas s’emmêler les pinceaux une fois arrivé à l’âge adulte. De plus, si l’on se prive de bien articuler le mot « astérisque », on bascule inévitablement vers « astérix ». Faites-le test en le répétant très vite.

Qu’elle soit due à une ignorance fautive, à un lapsus nostalgique ou à une prononciation paresseuse, cette « faute » est l’occasion d’en savoir un peu plus sur les noms des irréductibles Gaulois…

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Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? »Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande?

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(T)rêve de bla bla !

Quelle différence y a-t-il entre volubile, bavard, prolixe, loquace, verbeux ou encore éloquent ?

Ces adjectifs sont souvent présentés comme étant synonymes car ils désignent presque tous une personne qui écrit ou qui parle beaucoup. Pourtant ils ont chacun leur nuance, car entre beaucoup et trop, entre beaucoup et mal, la frontière est vite franchie !

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Les positifs

Éloquent

Du latin eloquens « qui parle bien »

L’adjectif éloquent s’attache plus à la qualité du discours qu’au débit de paroles. Il est très utile pour saluer l’aisance avec laquelle une personne s’exprime. Quelqu’un d’éloquent saura captiver son auditoire tant par le fond que par la forme. Ce n’est pas pour rien que l’adjectif est utilisé, par extension, dans le sens de « probant, convaincant » (ex : un témoignage éloquent).

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L’ordinateur a-t-il un coeur ?

« Votre ordinateur va redémarrer dans 30 secondes ! » Et pourquoi pas « s’autodétruira » pendant qu’on y est ? Vous le connaissez bien, ce petit message qui apparaît en bas à droite de votre écran, pile-poil au moment où vous écrivez le mail qui va décider de votre vie pour les dix prochaines années.

Ce ton péremptoire a le chic pour m’oppresser et à chaque fois le même vent de panique s’empare de moi. J’aimerais simplement qu’on (d’ailleurs qui ?) me pose poliment la question. Heureusement il nous est permis de repousser l’échéance, à quelques heures près, jusqu’à 15 jours. Pour me venger, je choisis toujours la peine maximum. C’est idiot bien sûr, car ces manœuvres sont nécessaires au bien-être de nos ordinateurs (et indirectement au nôtre) mais quelle impression désagréable de se voir ainsi forcer la main !

Impression qui invite à une réflexion plus large (et plus sérieuse) sur les mots de l’informatique et du web.

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Don Quichotte vs. Dom Juan

Pourquoi le Don Quichotte de Miguel de Cervantès s’écrit-il « Don » et le Dom Juan de Molière « Dom », alors que les deux oeuvres datent du XVIIsiècle ?

Tout simplement parce que ce titre de noblesse, attribué à deux personnages espagnols, renoue, chez le dramaturge français, avec sa racine latine.

À l’origine, le titre dom, forme abrégée tirée du latin dominus (maître de maison), est donné à certains ecclésiastiques. Au XVIsiècle, l’abréviation devient « don », sur les modèles espagnol (Don Quijote de la Mancha, 1605) et italien (comme, plus récemment, le Don Corleone de Coppola).

Mais au début du XVIIe s., en France, réapparaît dom, qui désigne tout à la fois les membres de certains ordres religieux (comme le moine bénédictin Dom Pérignon, bien connu des amateurs de champagne), et, par latinisation, ceux de la noblesse. Il semblerait que le Dom Juan de Molière (1665), loin d’entrer dans les ordres, n’ait pas échappé à la tendance !

Par la suite, l’opéra de Mozart s’écrira Don Juan (en italien Don Giovanni, 1787), tout comme le Don Juan aux enfers de Baudelaire (1857).

Depuis Stendhal, on emploie don Juan pour « séducteur, homme à femmes ». Quant au don Quichotte, tout comme le personnage de Cervantès qui se « bat contre des moulins à vent » au lieu de véritables ennemis, il agit pour des causes sans intérêt ou perdues d’avance.

Source: Dictionnaire historique de la langue française, sous la dir. d’Alain Rey, juillet 2010