Le mot juste : chaussure ou soulier ?

soulier
Pour aborder sereinement la rentrée, plus question de se lever du mauvais pied : vous avez troqué vos tongs et vos espadrilles contre une paire de souliers flambant neufs. Enfin, de chaussures ! Souliers, chaussures… c’est la même chose, non ? Pourtant, aux Galeries Lafayette, le rayon permettant d’habiller ses pieds est très explicitement nommé « chaussures et souliers ». Si ces deux mots étaient synonymes, pourquoi le grand magasin s’évertuerait-il à faire le distinguo ? Pour être fixés, ouvrons le dictionnaire !

Chaussure, le terme générique

Comme son nom l’indique, la chaussure sert à « chausser », à envelopper le pied. Or le verbe chausser est issu du latin calceare, lui-même dérivé de calceus signifiant « soulier ». Par conséquent, c’est la chaussure qui a emboîté le pas au soulier, et non l’inverse.

Lire la suite sur le blog du Projet Voltaire 

Publicités

Ah ou Ha ? Eh ou Hé ? Oh ou Ho ?

En ancien français, c’était plus facile : ces interjections s’écrivaient a, e et ô ! Aujourd’hui, on ne sait pas toujours quelle forme employer. Popularisées par les grands auteurs du théâtre classique comme Molière, Racine ou Corneille, elles ont chacune leur subtilité et ne sauraient être confondues. Pour ne plus se tromper, il suffit de suivre le mode d’emploi !

Ah ou Ha ?

Ah ! marque un sentiment vif (douleur, joie…).

Exemple : « Ah ! Fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! » (Molière, Les fourberies de Scapin)

Ha ! exprime la surprise et surtout le rire, quand il est redoublé.

Exemple : « Ha, ha, ha. Ma foi ! cela est tout à fait drôle. » (Molière, Le bourgeois gentilhomme)

Lire la suite

Les « inex » sans kleenex !

Inexpugnable, inextinguible, inexorable, inextricable, inexpiable : cinq adjectifs à l’allure rebutante, mais à la signification plutôt simple pour qui sait les apprivoiser.

Car ces « inex » ne sont pas des marrants. Composés des préfixes in- (négation) et ex- (hors), ils expriment tous une forme d’échec, d’impuissance ou de fatalité.

Heureusement, avec cette petite mise au point, vous n’aurez plus peur de vous mesurer à eux, d’en saisir le sens exact, et de les employer à bon escient.

_____

Ce qu’on ne peut assaillir, qui résiste à toutes les attaques, est… INEXPUGNABLE

Étymologie : latin in + expugnare, « prendre par la force ».

Synonyme : imprenable.

Exemple : « C’est l’inexpugnable arrogance de votre beauté qui m’asperge » (Jean Dujardin, OSS 117).

 

Lire la suite

Marat ou Murat ? Du drame au boulevard

Parce qu’ils ont été de farouches partisans de la Révolution française et que leurs noms se ressemblent, on pourrait confondre Jean-Paul Marat et Joachim Murat. Ainsi, le 24 juillet 2013, un article du dauphine.com rapportait l’inauguration d’une statue de Murat à Vizille, en Isère. Or la sculpture était à l’effigie de… Marat ! Une confusion d’autant plus intéressante que Murat a failli changer son nom en « Marat ». Savez-vous pourquoi ?

Jean-Paul Marat

13 juillet 1793 : Joachim Murat est un jeune chef d’escadron de 22 ans quand Jean-Paul Marat, député montagnard de la Convention, est assassiné par Charlotte Corday. Or depuis 1791, Murat ne cache pas son admiration pour celui que l’on surnomme « l’Ami du peuple ». Afin de lui rendre hommage, Murat décide de « devenir » Marat. Il doit se dire qu’à une voyelle près, cela ne devrait pas poser de problème. Ce qu’il ignore peut-être, c’est que le nom du père de Marat, Sarde d’origine espagnole, s’écrivait Mara. Le « t » final ne sera ajouté que plus tard. Sans se poser plus de questions, Murat écrit au club des Jacobins, mais la chute de Robespierre le 9 Thermidor (27 juillet 1794) entraîne le déclin puis la dissolution du club quelques mois plus tard. Pas de chance ! La demande de Murat reste lettre morte. Murat reste donc Murat… Du moins pour l’instant.

Lire la suite

« Para » : un préfixe pas comme les autres

Une racine à laquelle s’ajoute un préfixe ou un suffixe (voire les deux pour les plus chanceux), c’est ainsi que se forment la plupart des mots que nous utilisons. Certains sont si ancrés dans notre langage quotidien que nous n’avons pas le réflexe de les décomposer, alors qu’ils ont tant de choses à nous apprendre !

Prenons, par exemple, le préfixe « para- ». Selon le mot devant lequel il se place, il ne signifie pas la même chose. En effet, il n’y a pas un mais deux « para- », avec une origine et un sens bien déterminés.

personnage grec dans asterix

Le premier « para- » vient du grec para. À l’origine, il veut dire « contraire à ». Mais depuis qu’il est entré dans le vocabulaire médical et biologique, il signifie aussi « à côté de ».

Le « para- » grec sert surtout à former des mots savants ou techniques comme :

Paranoïa = para- + noia (de noos, « esprit, intelligence »), littéralement « contraire à l’entendement », d’où « folie ».

Paradoxe : para- + doxa, « opinion », littéralement : « opinion contraire à l’opinion commune »

Parapharmacie : para- + pharmacie, « ensemble des produits non médicamenteux vendus en pharmacie ».

Paranormal : para- + normal, « caractère de ce qui se situe en marge de la normalité ».

Lire la suite

La règle « sans + nom »… sans peine et sans pleurs !

Le nom qui suit la préposition « sans » doit-il être au singulier ou au pluriel ? Puisque « sans » indique l’absence, la logique voudrait qu’on emploie le singulier, mais le pluriel est tout aussi fréquent. Un vrai casse-tête qui mérite d’être tranché une bonne fois pour toutes.

1) Si le nom exprime il une réalité abstraite (ou une réalité concrète que l’on ne peut compter), il est au singulier.

un-monde-sans-eau-

Lire la suite

Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? »Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande?

Lire la suite

Des adjectifs hauts en couleur

illustration penelope bagieu - texte la plume à poil

Si les mots vous manquent parfois pour qualifier une couleur ou une nuance ou si vous voulez simplement briller en société, alors…

Lire la suite