Dans la famille France Arno, je voudrais France et Arno !

Pour sa nouvelle collection 2011/2012, l’enseigne de chaussure France Arno (groupe Eram) a choisi de revenir aux fondamentaux.

France, c’est la femme, Arno, c’est l’homme. Basta!

Concrètement, la  marque ne chausse plus les bambins, et, niveau originalité, se prend les pieds dans le tapis…

Au passage, le nom « France » dans France Info, Air France, France 2, France Football et même France Gall (soyons fous), véhicule un certain prestige, mais chez un fabricant de chaussures c’est tout de suite désuet, tradi, Geneviève de Fontenay…

Vieille France, quoi !

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Ce que la vente privée a encore de « privé »

Associé à un nom de chose ou de lieu, privé signifie auquel le public n’a pas accès. Mais pour la vente privée, la distinction semble des plus subtiles.

D’abord, il n’existe pas de définition juridique de la vente privée, mais on peut l’appréhender par opposition à une autre opération promotionnelle: les soldes.

1) Elle permet de destocker des articles de marque hors période de soldes;

2) Elle est proposée sur une courte durée (quelques jours tout au plus alors que les soldes durent cinq semaines);

3) Elle est circonscrite à un petit public (les soldes étant accessibles à tous) et nécessite d’avoir en sa possession une invitation, obtenue par inscription ou parrainage. Cette clientèle privilégiée éprouve un sentiment d’exclusivité qui, me dit-on, serait propice à l’achat compulsif…

Exclusivité: n.f, qualité de ce qui exclut, sans partage.

Voilà pour la théorie.

Passons à la pratique. J’ai dernièrement reçu par la poste un beau carton d’invitation des Galeries Lafayette pour ses « ventes privées ». Je l’ai reçu en tant que détentrice de la carte de paiement Galeries Lafayette. Munie de ces « sésames », j’arrive à l’un des stands « mode femme » du grand magasin où une étiquette ronde annonçant -30% orne la quasi-totalité des articles. Je demande au vendeur s’il est possible de payer avec ma carte bleue et non avec celle du magasin (il s’agissait pourtant de LA condition), il bafouille que, comme c’est le premier jour, la vente « privée » est ouverte à tous…mais il faut être dans le fichier client. Par chance j’y suis. Je le signale lors de mon passage en caisse. Le vendeur a l’air de s’en foutre comme de sa première chemise. Ok, j’ai compris, le « privé » dans « vente privée » c’est la grande illusion. Tant que les affaires, elles, sont bien réelles…

Sur Internet, c’est encore pire. La plupart du temps, il suffit de créer un compte (mail + mot de passe),  plus rarement d’être parrainé par un membre. Mais le tendance est à la démocratisation! Pour accéder aux vente privées sur le site des Galeries Lafayette (décidemment), il faut entrer le code « VPGL » soit « Ventes Privées Galeries Lafayette ». En plus d’être original (!), le code est indiqué juste au-dessus de la case à remplir… Le sentiment d’exclusivité, qui n’est qu’un leurre, se paie au prix de notre crédulité. Même mensongers, les mots sont tout-puissants.

La femme-objet vue par Dim

Je suis loin d’être une féministe de la première heure, mais là j’avoue être assez choquée par cette affiche et son claim « Je suis le plus joli feu rouge de Paris ».

Et puis quoi encore? Y avait-il seulement une femme au sein de l’équipe créative?

On connaissait les pubs neu-neu de Dim, place aux pubs d’après-guerre, bien régressives! Etrange pour une marque qui, par essence, est censée mettre les femmes à l’honneur.

Là, c’est plutôt l’horreur.

Par chance, ce n’est pas une, mais deux poubelles qui se trouvent juste à côté!

Un L un peu trop collant…

Voici comme s’intitule la nouvelle campagne d’affichage DIM pour la collection « Mod » automne-hiver 2011. Douze visuels, où l’on voit des mannequins aux jambes interminables photographiés dans différents endroits de Paris.

C’est donc bien de promenades qu’il s’agit. Je ne vois aucune allusion à la musique. Alors, pourquoi avoir orthographié ballades avec deux -l- ? Si cette confusion entre les homophones balade et ballade est (trop) courante, il est toujours étonnant de la voir ainsi « assumée » par une grande marque.

Or, quand on y regarde de plus près, on découvre que ces deux « faux-frères » entretiennent, depuis leur origine, des liens très étroits…

Le nom féminin ballade – emprunté à l’ ancien provençal ballada « chanson à danse, petit poème chanté » – s’est d’abord orthographié balade. C’est au XVIe siècle que le « l » se double. Il désigne aujourd’hui une composition musicale ou poétique (ex: les ballades de Chopin).

Or, le verbe « balader », qui signifiait « chanter des ballades » jusqu’au XVIe s., a gardé le « l » unique de l’ancienne graphie.

Mais d’où vient le sens actuel de « promenade »? Comme les jongleurs et aussi les mendiants allaient par les villes en chantant des ballades dans les carrefours, le verbe a signifié dans l’argot du XVIIe « aller en demandant l’aumône, en mendiant ». De là, on est passé à l’emploi familier pour « marcher sans but, flâner » jusqu’à la forme pronominale « se balader » (1858).

Sur ce verbe s’est formé le nom féminin balade, pour désigner, dans le langage familier, l’action de se promener et la promenade.

Cet exemple montre comment l’étymologie des mots permet de comprendre les subtilités de notre orthographe…et les motivations inconscientes de nos fautes (mais cela reste à démontrer !).

Coq en stock

On connaissait l’onomatopée « Cocorico », imitant le cri du coq domestique, et qui serait à l’origine de son nom*. On sait maintenant qu’en remplaçant les 2 premiers « C » par des « K », on obtient la dernière fragance masculine de Jean-Paul Gaultier. Avec ce nom franchouillard, JPG essaie-t-il de se racheter une conscience après s’être lui-même fait racheter par un groupe espagnol? On a peine à y croire quand on voit l’ambiance « flamenco » du spot pub. Et pourquoi KoKorico, et non pas CoCorico (tant qu’on y était)? Pour rendre hommage au mannequin de la pub, Jon Kortajarena? Pour faire plus branché ? Mais dans ce cas, pourquoi ne pas mettre que des « K »? Parce q’avec un « K » de plus, on a affaire à une chaîne de rôtisseries de poulet, particulièrement populaire en Colombie.

Triste sort pour nos coqs…

* En réalité, l’origine onomatopéique du mot coq fait débat. Pour certains, elle est attestée dès le VI° s. en bas latin sous la forme coccus, or ce mot ferait référence au cri de la poule et non du coq. Pour d’autres, coq viendrait du latin coccum, « couleur écarlate » et serait à l’origine de l’onomatopée coquerico (XVI° s.), refaite au XIXe en cocorico. (Source: Dictionnaire historique de la langue française, ss la dir. d’Alain Rey, nouvelle édition juillet 2010)