À trancher une bonne fois pour toutes : « par contre » ou « en revanche » ?

dicoVoici une querelle bien connue des grammairiens qui a divisé nos meilleurs auteurs. Commet-on une faute en employant la locution « par contre » ? Avez-vous le droit de reprendre votre voisin sans risquer de passer pour un vilain puriste ? N’y a-t-il qu’« en revanche » qui trouve grâce à vos yeux ? En lisant ce qui suit, vous pourrez vous décider en connaissance de cause, et, le plus important, justifier votre choix avec de solides arguments !

« Par contre » est une vieille locution

On aurait tort de penser que la locution « par contre » est d’apparition récente, et qu’elle est le reflet d’une époque où « tout fout l’camp », où l’on ne sait plus parler correctement. Corrigeons cette idée reçue sans plus tarder : « par contre » a été attesté pour la première fois au XVIe siècle dans les écrits de Jean Calvin, un pasteur et un théologien pas particulièrement porté sur la fantaisie. De la même époque datent les équivalents anglais (calque du latin) per contra et italien per contro, qui se sont imposés sans difficulté.

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Disque dur, virus, capture : votre ordinateur vous veut-il du bien ?

Fini les vacances ! À part queordilques chanceux qui n’ont pas encore rangé leurs parasols, nous avons tous repris le « chemin des écoliers ». Et si, durant l’été, nous étions parvenus à laisser de côté notre ordinateur, afin de « déconnecter » comme on dit, ce dernier est de nouveau omniprésent dans notre quotidien. Cette rentrée est l’occasion de nous interroger sur les mots de l’informatique et de l’internet que nous employons chaque jour. Constat troublant : la plupart d’entre eux relèvent d’un champ lexical plutôt inquiétant ! Pour en juger, voici quelques exemples qui ne laissent pas indifférent.

Un monde de brutes ?

Vous tapez sur un clavier, vous écrasez un dossier, vous exécutez une tâche, vous éjectez un disque, vous rognez une image, vous coupez ou supprimez un fichier… La liste est longue des verbes de l’informatique qui dénotent une certaine violence.

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Les bizarreries orthographiques : délices ou supplices ?

Elledico_loupes comptent parmi les raisons qui rendent l’apprentissage et la maîtrise de l’orthographe française particulièrement difficiles. Il y a vingt-cinq ans, certaines d’entre elles ont fait l’objet de rectifications qui pénètrent peu à peu nos dictionnaires au titre de « variantes », mais qui peinent à s’imposer dans nos écrits. Pour les uns, ce ne sont que des pièges vicieux et dénués de logique ; pour les autres, elles font le sel de notre langue. Voici quelques exemples de bizarreries ou anomalies orthographiques qui, bien souvent, nous donnent du fil à retordre !

  • La trahison familiale

Le nom chariot vient du latin carrus et s’est écrit charrioz en ancien français. Tous les mots de sa famille comme « charrier », « charrette », « charrue », « carriole » et « carrosse » ont deux « r », sauf lui !

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« La France, elle est » : effet de style ou faute de français ?

Après l’écrivain Christiapupitren Combaz et le journaliste Franck Ferrand, c’est au tour du philosophe Alain Finkielkraut de fustiger, dans un numéro du Point, le parler du président de la République. Et dans son collimateur, la répétition du pronom personnel sujet, qui caractérise désormais les prises de parole de François Hollande. Alors, figure de rhétorique ou maladresse grammaticale ? Décryptage d’un procédé qui divise.

Du langage enfantin au discours élyséen

« La France, elle a des atouts… », « Cette politique, elle coûte à la croissance », « Les résultats, ils tardent à venir » : voici quelques-unes des tournures dont le président Hollande raffole mais qui agacent les amoureux du français. Le jugement de l’académicien Alain Finkielkraut est sans appel : « Cette syntaxe sied aux enfants, pas au chef de l’État ! »

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Quatre questions que vous vous posez sur le pronom « on »

« On » : comment un si petit mot peut-il nous donner autant de fil à retordre ? À l’école, nos professeurs nous décourageaient de l’employer sous prétexte que « “on” est un con ». Trop familier, trop vague, trop équivoque, il est pourtant sur toutes les langues, de la plus courante à la plus exigeante. Son origine et sa forme sont riches en subtilités tandis qu’une erreur d’accord ou de sens estbien vite arrivée ! Voici les réponses aux questions que vous vous posez forcément sur cet étrange pronom.

 1- D’où viens-tu, « on » ?

Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel : « on » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. À l’origine, donc, il désignait l’homme en général. Mais à force de représenter un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini.

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Du Bellay, Verlaine, Aragon : de la poésie à la chanson

À l’occasion de la JournéeGainsbourg_Verlaine-300x244 internationale de la femme, une célèbre maxime, « La femme est l’avenir de l’homme », a circulé sur les réseaux sociaux. Celle-ci reprend, en inversant l’ordre des mots, le vers du poète Louis Aragon « L’avenir de l’homme est la femme » tiré de son recueil Le Fou d’Elsa (1963). Pourquoi avons-nous retenu la formule remaniée plutôt que le vers authentique ? C’est à Jean Ferrat, qui a utilisé la citation dans une de ses chansons, qu’il faudrait poser la question ! D’autres compositeurs et interprètes ont ouvert leur répertoire à la poésie. Voici quelques exemples de couples « chanteur – poète », pour le plus grand plaisir de nos yeux et de nos oreilles.

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Voltaire n’a jamais dit : « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai… »

Voltaire-lisantEn ce début d’année, où nos valeurs républicaines viennent d’être violemment attaquées, la référence à Voltaire qui, au XVIIIe siècle, s’est battu pour la liberté d’expression, est quasi systématique. Le problème, c’est qu’on attribue souvent au philosophe de la tolérance des mots qu’il n’a jamais écrits ni prononcés. La fameuse phrase : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » en est le meilleur exemple.

Celles et ceux qui ont décerné cette citation à Voltaire, et l’ont copieusement répandue sous son nom, se basent sur une lettre datant du 6 février 1770. Voltaire se serait adressé à l’abbé Le Riche en ces termes : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire. »

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Tics de langage : les identifier pour mieux s’en débarrasser

tics_de_langageIls servent à meubler nos silences, à masquer notre embarras, à gagner du temps, à camoufler nos mensonges. Des conversations anodines aux réunions professionnelles, en passant par les médias, les tics de langage sont partout. En plus d’être inélégants, ils rendent notre discours obscur et propice aux malentendus. En apprenant à les identifier, chez nous et chez les autres, ces mots parasites ne seront bientôt qu’un lointain souvenir !

Les tics qui minimisent
Ils édulcorent nos propos, soit parce qu’on ne les assume pas, soit parce qu’on veut ménager son audience.

– Un petit peu : « À présent, je vais laisser la parole à ma collègue qui va un petit peu nous parler de son bilan. » Ici, « un petit peu » est un mot d’excuse qui sous-entend « ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long ». Les propos sont minimisés, et ce avant même que ladite collègue ait eu le temps d’ouvrir la bouche !

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Ils ont fait le français : la doctrine de Malherbe en 5 tweets

Le mois dernier, dans une interview exclusive, Joachim du Bellay déclarait son amour à la langue française. Pour lui donner ses lettres de noblesse, il exhortait les poètes à composer en français en imitant les Grecs et les Romains, et, si besoin, en inventant de nouveaux mots. Résultat : notre langue était un méli-mélo de latinismes, d’italianismes, de provincialismes, de néologismes et de termes techniques que les Français eux-mêmes ne comprenaient pas !

Enfin Malherbe vint… mettre de l’ordre dans tout ça ! Vous ne serez pas étonné d’apprendre que ce poète, qui voulait épurer et discipliner la langue française, était adepte des 140 caractères et twittait régulièrement. Pour la première fois, voici 5 des meilleurs tweets de François de Malherbe sur lesquels repose toute sa doctrine.

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À trancher une bonne fois pour toutes : l’épineux emploi d’éponyme !

« Sarenza lance sa marque de chaussures éponyme », « Jolla lance son smartphone éponyme en Inde », « Kendji Girac : son album éponyme au top sur iTunes », « Minority Report : Fox commande un pilote qui sera une suite du film éponyme ».

enquete loupe

Voilà les résultats qui apparaissent lorsqu’on entre « éponyme » dans la rubrique Actualités de Google. Vous pouvez vérifier vous-même (car la liste est longue) : aucune utilisation de l’adjectif n’est correcte.

Bien sûr, les médias en ligne ne sont pas les seuls fautifs. Nous sommes nombreux à employer maladroitement cet adjectif, tout simplement parce que nous le « traduisons » mal.

L’affaire nous ramène en Grèce antique. À cette époque, le magistrat en chef de nombreuses cités grecques s’appelait « l’archonte éponyme ». Mais pourquoi « éponyme » ? Parce que l’archonte, qui était en poste pour un an, donnait son nom à l’année.

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