Mr ? Mdr !

En France, depuis le début du XXe siècle, M. est l’abréviation de Monsieur. Jusqu’à nouvel ordre, « Mr. » est réservé à l’anglais Mister.

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La concaténation, c’est fashion !

Quel est le point commun entre la chanson d’un boys band anglais, la tirade d’une pièce de Molière et une comptine pour enfants ? À première vue pas grand-chose ! Pourtant elles utilisent toutes les trois un procédé stylistique fondé sur la répétition et qui répond au doux nom de « concaténation ». Explications.

Glad you came de The Wanted

Impossible que vous soyez passé à côté du tube de l’été dernier ! Mais pour celles et ceux qui auraient oublié, voici une piqûre de rappel :

 

Pour identifier la figure de style qui s’y cache, il n’est pas nécessaire de connaître l’anglais, il suffit de concentrer son attention sur les paroles suivantes :

Turn the lights out now
Now I’ll take you by the hand
Hand you another drink
Drink it if you can
Can you spend a little time
Time is slipping away
Away from us so stay
Stay with me I can make
Make you glad you came

Avez-vous remarqué que le mot qui termine une phrase est repris au début de la phrase suivante ? Ce procédé de redoublement s’appelle l’anadiplose. Et une suite d’anadiploses forme une concaténation.

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Le petit « Sepho » illustré : plumes sensibles s’abstenir !

Quand Sephora décide de mettre des barbarismes à l’honneur sur ses nouvelles affiches psychédéliques, ça donne ça :

affiche pub sephora glamourisme

À  la fois nom et adjectif, « glamour » ne suffisait donc pas ? Il faut croire que non : « glamour » est le titre d’au moins un magazine et deux films. Et « glamourous » ? Déjà pris ! Et « glamoureux » (« qui est glamour », Le nouveau Littré) ? Trop ringard ! Bon, ben, « glamourisme » alors !

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Question existentielle

Je ne sais pas si c’est le « Êtes-vous humain ? » ou le « Juste pour vérifier » qui prête le plus à sourire. Spontanément, la question paraît aussi absurde que de demander « tu dors ? » à quelqu’un qui dort. En effet, qui d’autre qu’un humain pourrait dire qu’il est humain, a fortiori à un écran d’ordinateur ?

Quoiqu’il en soit, si je veux me connecter à mon compte Twitter, j’ai tout intérêt à la prouver correctement, mon « humanité » ! Comment ? En réécrivant les mots indiqués ci-dessous dans la case prévue à cet effet. Attention, chaque détail compte : minuscule/majuscule, espacement, ponctuation…

Ce test, qui apparaît fréquemment au moment de se connecter à un compte ou d’envoyer un message, porte un nom : CAPTCHA. Le mot vient de « capture » prononcé à l’américaine ou encore de « capture character » [1]. C’est aussi le rétroacronyme [2] de « Completely Automated Public Turing test to Tell Computers and Humans Apart » [3]. Voilà pour les présentations.

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Mr. Propre a 45 ans, mais toujours un R de trop !

Cela vous a peut-être échappé mais Mr. Propre fête ses 45 ans cette anné [1]. La fleur de l’âge ! Enfin, ça, c’est la version française, car outre-Atlantique, Mr. Propre est déjà un « senior » de 54 ans.

En effet, le personnage de « Mr. Clean » a été imaginé en 1958 par la société Procter & Gamble. Et il faut croire qu’au moment de l’exportation, le « r » de l’abréviation anglo-saxonne « Mister » s’est incrusté dans les cartons.

Parce qu’en France, Monsieur s’abrège « M. » depuis le début du XXe siècle ! Et même si l’Académie française est consciente de l’ambiguïté que ce « M. » peut causer (par exemple, quand on écrit M. Proust, veut-on dire Monsieur ou Marcel ?), il n’est pour l’instant pas question de revenir sur cette règle. C’est donc « M. Propre » qu’on devrait lire sur nos emballages et nos publicités [2].

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Question de temps

Un film,

Deux visuels identiques,

Mais deux titres différents.

A gauche, le titre américain original, à droite celui destiné au marché français.

Ma question est : puisqu’il n’a pas été jugé utile de traduire le titre en français (cela se défend, vu les horreurs auxquelles on aboutit parfois), pourquoi l’avoir traduit… en anglais?

Notre anglais est-il trop poor pour comprendre Time Out mais pas In Time?

Au Québec, In Time est devenu « En temps ». En France, cela aurait donné « A temps ». In Time suggère donc une issue positive, un but atteint in extremis.

Mais les titres anxiogènes doivent avoir beaucoup de succès dans l’Hexagone pour que le choix se soit porté sur Time Out :  temps mort, délai dépassé…

Pour paraphraser Eric et Ramzy, je ne vois pas d’autres explications !

Notons qu’outre-Atlantique, ce film de science-fiction (« sci-fi film ») dystopique a eu comme titres provisoires I’m.mortal puis Now. Dommage, car « Je suis mortel » aurait fait un carton en France! Quant à Now, trop commun pour s’assurer un bon référencement sur Google, il a fait long feu.

French prohibited *

La meilleure façon de vanter les mérites d’un constructeur automobile français ?

Le faire dans une langue étrangère pardi!

Prenons l’allemand par exemple. Il y a d’abord eu cette pub Opel où le démonstrateur détaillait, en allemand sous-titré, les équipements de la Corsa Série 111. Qui mieux qu’un Allemand pour parler de la « deutsche qualität »? Et au cas où la pilule ne serait pas bien passée, une voix off concluait, en français cette fois-ci « Pas besoin de parler allemand pour comprendre que cette Opel est une vraie voiture allemande ». Novateur pour une pub à destination du marché français mais pas révolutionnaire pour une marque… allemande.

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Confusion des genres

 Alors là ils ont fait fort le CG de l’Aisne!

De prime abord, on a une campagne de communication qui vise à rendre le département plus attractif, destinée aux quadra parisiens qui ont « besoin d’air ». Jusque là rien de bien nouveau sous la grisaille. Le ton est humoristique et décalé. Très décalé même, si l’on en juge le couple en plein ébat dans un champ de colza…

Mais le pire reste à venir. Le pire, c’est qu’on vous propose d’apprendre « l’Aisne’glish », pour faire, je cite « un effort d’intégration ». Et la ça coince. D’abord parce qu’on ne comprend pas du tout le rapport entre ce département français, qui gagne sans doute à être connu, voire, pour les plus optimistes, colonisé, et l’anglais. Alors oui, avec « Aisne », on peut faire plein de jeux de mots rigolos comme « Aisne’glish », « Aisne’joy », « 100% pur l’Aisne » mais aussi une magnifique signature : « l’Aisne it’s Open ».

Après un détour par le site, je réalise comment l’on peut passer, d’un seul clic, du « décalé » au « débile ». Un  module offre la possibilité de poser une question à quatre individus grimés façon « père noël est une ordure ». J’ai simplement tapé « Aisne », un type tout dégueu me répond avec un accent bien français : « Aisne is the fourteen letter of the alphabet ». OK, quoi d’autre? Je rassure les plus coquins d’entre vous, ce n’est pas plus drôle quand on tape des mots à connotation sexuelle. Ne perdez donc pas votre temps!

Sans compter que le moteur de recherche du site se nomme »droit au but », la devise de l’Olympique de Marseille. Au point où on en est, autant ratisser large et tant pis si personne ne comprend le rapport…

Non, vraiment, ce genre de conneries, ça m’fout la H’Aisne!

Pléonasme

Pas besoin d’être fluent pour comprendre ce que ce « it » signifie. Je l’ai souvent vu, au gré de mes lectures intellectuelles, placé devant « girl » ou devant « bag ». La « it-girl », c’est la fille du moment, la fille en vogue, la fille à (a)voir, bref, LA fille. Idem pour le sac. On est dans le même ordre d’idée que « the place to be ». Mais c’est la première fois que je le vois accolé à « car », un mot à connotation plus virile, mais why not?

En revanche, deux éléments me gênent.

Pourquoi avoir ajouté « du moment » à côté de « it-car », quand on sait que » it-car » veut déjà dire « voiture du moment »?!! Si ce n’est pour la lourdeur de la redondance?

Et pour couronner le tout, l’astérisque à côté de « it-car » renvoie explicitement, tout en bas de la page, à « la voiture du moment ».

C’est pour ceux qui n’ont toujours pas compris que la Merco, c’est la voiture grave en place, la voiture du moment du moment quoi !

A quand les cours d’anglais obligatoires chez les pubards?

Extraits pub Mercedes-Benz, magazine Be du 23 septembre 2011