Boeuf pas beauf

À moins que vous ayez l’habitude de câliner votre steak haché, vous appréciez la tendreté d’une viande, et non sa « tendresse ».

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« Para » : un préfixe pas comme les autres

Une racine à laquelle s’ajoute un préfixe ou un suffixe (voire les deux pour les plus chanceux), c’est ainsi que se forment la plupart des mots que nous utilisons. Certains sont si ancrés dans notre langage quotidien que nous n’avons pas le réflexe de les décomposer, alors qu’ils ont tant de choses à nous apprendre !

Prenons, par exemple, le préfixe « para- ». Selon le mot devant lequel il se place, il ne signifie pas la même chose. En effet, il n’y a pas un mais deux « para- », avec une origine et un sens bien déterminés.

personnage grec dans asterix

Le premier « para- » vient du grec para. À l’origine, il veut dire « contraire à ». Mais depuis qu’il est entré dans le vocabulaire médical et biologique, il signifie aussi « à côté de ».

Le « para- » grec sert surtout à former des mots savants ou techniques comme :

Paranoïa = para- + noia (de noos, « esprit, intelligence »), littéralement « contraire à l’entendement », d’où « folie ».

Paradoxe : para- + doxa, « opinion », littéralement : « opinion contraire à l’opinion commune »

Parapharmacie : para- + pharmacie, « ensemble des produits non médicamenteux vendus en pharmacie ».

Paranormal : para- + normal, « caractère de ce qui se situe en marge de la normalité ».

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La règle « sans + nom »… sans peine et sans pleurs !

Le nom qui suit la préposition « sans » doit-il être au singulier ou au pluriel ? Puisque « sans » indique l’absence, la logique voudrait qu’on emploie le singulier, mais le pluriel est tout aussi fréquent. Un vrai casse-tête qui mérite d’être tranché une bonne fois pour toutes.

1) Si le nom exprime il une réalité abstraite (ou une réalité concrète que l’on ne peut compter), il est au singulier.

un-monde-sans-eau-

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Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? »Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande?

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Des adjectifs hauts en couleur

illustration penelope bagieu - texte la plume à poil

Si les mots vous manquent parfois pour qualifier une couleur ou une nuance ou si vous voulez simplement briller en société, alors…

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Jacques-Louis David ou Jean-Louis David ? Le pinceau vs le ciseau.

Jacques-Louis David et Jean-Louis David sont tous deux nés à Paris à 186 ans d’intervalle, le premier en 1748, le second en 1934. Jacques-Louis est peintre, Jean-Louis coiffeur. Ils excellent tous deux dans l’art du dégradé de couleur. La comparaison aurait dû s’arrêter là. Et pourtant…

Première coïncidence troublante, les David portent des prénoms composés. La mère de Jacques-Louis s’appelle Marie- Jacques-Louis_David_-_Autoportrait_(1794)Geneviève et son père Louis-Maurice. Une tendance qui se poursuit au XXe siècle, Jean-Louis ayant prénommé son fils Jean-Christophe. Rien d’étonnant à cela : pour faire carrière dans le capillaire, il est vivement recommandé de porter un prénom composé, tels Jean-Marc (Maniatis), Jean-Claude (Biguine), et Jean-Passe.

Ce n’est pas tout ! Très doué en dessin, Jacques-Louis aurait pu être architecte, comme ses deux oncles. C’est sa rencontre avec François Boucher, Premier peintre de Louis XV, et surtout celle avec Joseph-Marie Vien (prénom composé) qui l’amène à la peinture. De son côté, Jean-Louis, qui assiste les plus grands photographes des années 1960, comme Helmut Newton ou Herb Ritts, se destine à une carrière dans la mode. Il est des vocations qui ne demandent qu’à être contrariées…

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Nom, je ne regrette rien !

lumiereNotre nom de famille oriente-t-il, plus ou moins consciemment, nos choix de vie ? La question mérite d’être posée, car on ne peut imaginer une seule seconde que ce soit uniquement le hasard qui poussa les frères Lumière à inventer le cinéma et Charles de Gaulle à diriger la France. Pour preuve, il existe même une science qui étudie le lien entre les patronymes et les activités de ceux qui les portent : l’aptonymie.

 

Prédestinés ou rebelles

Il y a d’abord ceux qui portent bien leur nom. La chanteuse Amy Winehouse, trop tôt disparue, était connue pour ses problèmes d’alcoolisme. Dans un tout autre registre, qui mieux que Tariq Ramadan pour mener des travaux sur la religion musulmane ?

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Le plus rapide ou le plus court ?

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais à chaque fois que mon GPS me demande de choisir entre le chemin le plus rapide ou le plus court, j’ai besoin de reformuler mentalement la question, tant les deux propositions me semblent proches.

le-lievre-et-la-tortue

Prenons deux chemins : A et B. Si le chemin A est plus court que le chemin B, alors je parcourrai plus rapidement le chemin A que le chemin B.

À priori, le chemin le plus court est aussi le plus rapide. On emprunte bien un « raccourci » pour se rendre plus vite d’un endroit à un autre…

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Bernard Bourée, Viticulteur

Notre patronyme oriente-t-il, plus ou moins consciemment, notre destinée ?

Ceci expliquerait pourquoi Pierre Bourée (le père de Bernard) décida, à la fin du XIXe siècle, de reprendre un commerce de vin et de lui donner son nom.

Comble de l’ironie, il choisit de planter sa vigne au lieu-dit « la Justice », situé en bordure est de la D 974 (Dijon-Lyon).

Certes, à l’époque, l’adjectif argotique « bourré » n’est peut-être pas encore entré dans le langage populaire. Il n’en demeure pas moins que, de notre point de vue, Bernard Bourée est un aptonyme, c’est-à-dire un patronyme dont le sens est lié à l’activité de celui qui le porte. L’aptonymie peut aussi porter sur les caractéristiques physiques ou morales d’une personne. Dans tous les cas, on pourra dire qu’elle « porte bien son nom » !

Le fait que les deux mots – ici Bourée et bourré – n’aient pas la même orthographe n’est pas gênant. Ce qui compte, c’est qu’un rapprochement puisse être spontanément établi, même s’il n’est que phonétique.

Et si notre viticulteur s’était appelé Bernard Sobre ?  Alors, ce serait un contraptonyme !

Et vous, connaissez-vous d’autres exemples d’aptonymes et de contraptonymes?