Des bêtes de mots !

Qu’y a-t-il de commun entre un ours, un canard, un dauphin, une mouche et une poule ?

À première vue pas grand-chose. Et pourtant, ces noms d’animaux ont la particularité d’être utilisés pour qualifier des choses, et même des personnes, qui leur sont bien étrangères ! Quel lien existe-t-il, en effet, entre un mammifère marin et l’héritier du trône de France?

Parfois, le rapprochement entre le sens propre du nom et son emploi figuré saute aux yeux. Dans d’autres cas, il est nécessaire de remonter le temps, car la réponse se trouve peut-être dans l’étymologie. Malgré tout, il arrive que la question ne soit pas complètement tranchée et donne lieu à diverses interprétations. Ce qui n’enlève rien au charme de ces mystérieux glissements de sens…

Tenez, ouvrez un journal ou un magazine, n’importe lequel, à la première page. Allez-y doucement quand même, il y a un ours dedans! Vous ne me croyez pas?

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On est-il un con ?

Telle est la question. À l’école, mes professeurs m’assuraient que oui, pour me dissuader de l’employer (je crois bien que ma mère aussi s’en était mêlée). Souvenez-vous, quand vous récitiez vos conjugaisons, il était emmerdant, ce « on » : « il, elle, on… chante ». Comme moi, vous preniez peut-être un malin plaisir à le passer à la trappe, sans que personne ne s’en offusque particulièrement. Mais qui est-ce « on » ? Un mal-aimé victime de sa réputation ou un empêcheur de tourner en rond ? Omniprésent, il s’invite sans carton dans nos lectures et nos conversations… Enquête sur le plus rebelle des pronoms personnels.

 De l’homme à personne

 Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel : « on » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. À l’origine, il signifiait donc l’homme en général. Mais à force de désigner un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini. Quant à l’accusatif hominem, il a donné le nom commun « homme » que nous utilisons aujourd’hui. Cette racine commune existe dans d’autres langues, comme l’allemand où man (on) s’est détaché de mann (homme).

 Cette précision étymologique permet à « on » de redorer quelque peu son blason…

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Ô bel astérisque !

– Regarde ! Pour un produit acheté, le troisième est offert…

– Attends, y’a un astérix !

Lorsqu’en 1959, Goscinny – avec la complicité d’Uderzo – baptisa « Astérix » le héros de sa nouvelle bande dessinée, il n’avait pas songé que ce nom deviendrait populaire au point d’être confondu avec le mot dont il était issu : l’astérisque.

Difficile, quand on a appris le nom du guerrier gaulois avant même de soupçonner l’existence du signe typographique, de ne pas s’emmêler les pinceaux une fois arrivé à l’âge adulte. De plus, si l’on se prive de bien articuler le mot « astérisque », on bascule inévitablement vers « astérix ». Faites-le test en le répétant très vite.

Qu’elle soit due à une ignorance fautive, à un lapsus nostalgique ou à une prononciation paresseuse, cette « faute » est l’occasion d’en savoir un peu plus sur les noms des irréductibles Gaulois…

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Les impostures culinaires (ou comment votre assiette vous ment)

Raymond Devos, dans un excellent sketch, prenait son public à témoin : « Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? »Et l’humoriste de se moquer, tout en maniant les subtilités de la langue française avec le talent qu’on lui connaît, de ces individus qui, littéralement, « alimentent la conversation », c’est-à-dire parlent la bouche pleine !

Pourtant, mettre des mots sur des mets (sans mastiquer en même temps !) est non seulement agréable pour nos sens et pour notre estomac, mais peut éviter bien des déconvenues. Car à l’oreille, l’appellation de certains aliments, qu’ils soient exotiques, rares ou raffinés, se révèle très équivoque…

Il y a d’abord les plats dont le nom semble « à l’envers », comme le curry d’agneau. Pourquoi ne dit-on pas tout simplement de l’agneau au curry ? Pourquoi diable l’épice est-elle placée avant la viande?

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(T)rêve de bla bla !

Quelle différence y a-t-il entre volubile, bavard, prolixe, loquace, verbeux ou encore éloquent ?

Ces adjectifs sont souvent présentés comme étant synonymes car ils désignent presque tous une personne qui écrit ou qui parle beaucoup. Pourtant ils ont chacun leur nuance, car entre beaucoup et trop, entre beaucoup et mal, la frontière est vite franchie !

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Les positifs

Éloquent

Du latin eloquens « qui parle bien »

L’adjectif éloquent s’attache plus à la qualité du discours qu’au débit de paroles. Il est très utile pour saluer l’aisance avec laquelle une personne s’exprime. Quelqu’un d’éloquent saura captiver son auditoire tant par le fond que par la forme. Ce n’est pas pour rien que l’adjectif est utilisé, par extension, dans le sens de « probant, convaincant » (ex : un témoignage éloquent).

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