Un acrostiche qui tient à coeur

Un acrostiche kézako? C’est un poème dont les initiales des vers, lues verticalement, composent un mot.

Et pas n’importe lequel! Le nom de l’auteur, celui du dédicataire (la personne à qui l’œuvre est dédiée), ou tout autre mot-clé qui ajoute du sens et de la valeur au texte.

Sur cette affiche de l’INPES, pas de poème à proprement parler mais une succession de termes ayant trait aux sentiments et à la sexualité.

Par le jeu des couleurs et des cases, l’acrostiche se détache visuellement du texte (d’habitude il faut la deviner).

Elle utilise des initiales (comme le D de Désir) mais aussi des lettres médianes (on parle alors de mésostiche).

Une manière d’accrocher le regard du passant et l’inviter à faire un geste indispensable pour sa santé et celle de ses proches.

Un acrostiche très utile, donc !

Et plus si affinité

Copain, camarade, collègue… bien souvent on utilise ces mots indifféremment, comme s’ils étaient plus ou moins synonymes d’ « amis ». Pourtant, leur étymologie renvoie à une signification bien précise.

D’origine latine, ils sont presque tous formés par la préposition cum, « avec » (devenue co- dans la plupart des cas) et d’un radical dérivé d’un verbe, d’un nom ou d’un adjectif.

Pour saisir le sens premier de chacun de ces mots, imaginons que je rencontre un parfait inconnu…

Si je partage un morceau de pain avec lui, il devient mon compagnon (cum + panis, pain) ou, plus familièrement, mon copain.

Je l’invite à ma table ? Il est mon commensal (cum + mensa, table).

À ce stade-là, bien sûr, il n’est encore qu’une connaissance (cum + noscere, apprendre à connaître).

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Pourquoi, au féminin, turc fait « turque » et grec fait « grecque » ?

Encore une aberration de la langue française ? Pas si sûr…

Que dit la règle ?

astérix litPour former le féminin des adjectifs finissant par un « c », on remplace ce « c » par la terminaison -che ou -que selon les cas.

Exemples : sec devient « sèche », blanc devient « blanche, public devient « publique » et turc devient… « turque » !

À noter qu’il y a un piège pour franc qui a deux féminins : l’un en -que « franque » (relative aux Francs), l’autre en –che, « franche » (sincère).

Jusque là, tout va à peu près bien.

Mais alors, pourquoi « grec » ne suit-il pas cette règle ? Pourquoi ce « c » se maintient-il alors qu’il devrait disparaître ?

Il semblerait que la cause soit à chercher du côté de la prononciation…

En effet, pour maintenir au féminin, le « e ouvert » (= è) du masculin, on a coutume de doubler la consonne qui suit.

Exemple : net devient « nette », cruel devient « cruelle », etc.

Dans le cas de grec, doubler la consonne reviendrait à écrire « grecce ». Or, pour conserver le son [k] (on dit aussi le son « guttural ») devant « e »,  le second « c » se transforme en -qu, d’où « grecque » !

En résumé, « grec » conserve son « c » au féminin pour rétablir la prononciation du masculin, ce qui n’est pas le cas de « turc » dont la féminisation ne change en rien la prononciation (il n’y a pas de distinction à faire entre un « u » ouvert et un « u » fermé !).

Sources : le forum de World Reference, Le Bon usage (Grevisse en ligne) et le CNRTL.

 

À la Toussaint, à quel « saint » se vouer ?

Le 1er novembre, dans la religion csaint-marcellinatholique, on célèbre la Toussaint. Comme son nom l’indique, c’est une fête qui honore « tous (les) saints ». Il est intéressant de remarquer, à cette occasion, que l’adjectif « saint » est commun à de nombreux noms composés, qu’ils soient « religieux » (Saint-Père, Saint-Siège, Saint-Office, etc.) ou sans rapport avec la religion. Ce sont surtout les derniers qui titillent notre curiosité. Qui sont ces « saint-quelque chose » que nous utilisons, caressons, buvons et mangeons au quotidien ? Amusons-nous à en dresser l’inventaire.

Les saints « matériels »

Ils reprennent généralement le nom du saint patron d’une profession. Par exemple, saint Crépin étant le patron des cordonniers, on a appelé saint-crépin les outils du cordonnier. Par extension, le saint-crépin désigne l’ensemble des affaires que quelqu’un possède, que l’on nomme aussi saint-frusquin.

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La magie de l’haplologie

Asterix_banquet_combat_des_chefsQuel est le point commun entre les mots suivants : « Clermont-Ferrand », « tragi-comique » et « contrôle » ? À première vue, aucun ! Le premier est un nom propre, le deuxième un adjectif et le dernier un nom commun. Il est question d’une ville du centre de la France, d’un genre théâtral et du synonyme de « vérification ». Et pourtant, ces mots ont la particularité d’être formés de la même manière, grâce à un procédé nommé haplologie. « Hapolo », quoi ? Explications.

L’haplologie, kézako ?

Derrière cette appellation barbare se cache un tour de magie qui fait disparaître les lettres d’un mot. Vous n’y croyez pas ? Jugez plutôt :

– Clermont-Ferrand est l’haplologie de Clermont-Monferrand.

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