Réforme de l’orthographe : 10 raisons de ne pas y être opposé

ognon« Gloire à la médiocrité ! », « Pays de merde ! », « J’ai mal à ma France ! », « C’est horrible ! », « Un vrai scandale ! », « Destruction de notre culture ! », « Quelle honte ! », « C’est une catastrophe ! », « Bienvenue en idiocratie ! ». Depuis hier matin, les réseaux sociaux s’enflamment. La cause ? Des tolérances orthographiques élaborées il y a 26 ans feront leur entrée dans les manuels scolaires à la rentrée prochaine.

Passé la vive émotion, totalement compréhensible, on peut s’interroger sur la vraie nature de cette réforme, exemples à l’appui. Amoureuse de la langue française, j’ai décidé, pour une fois, de me faire l’avocat(e) du diable !

1. C’est un vieux cheval de bataille

Déjà, en 1550, il était question de rendre l’orthographe conforme à la prononciation, pour permettre au peuple, principalement constitué de paysans illettrés, d’avoir une chance d’accéder aux livres, et donc au savoir (déjà, le nivellement par le bas !). Si l’on en croit les mauvaises langues, c’est l’inverse qui se produisit. Henri Estienne, imprimeur du roi François Ier, aurait fait exprès de complexifier le français en lui ajoutant des lettres venues du latin et du grec. C’est ainsi que l’orthographe française, d’abord phonétique, serait devenue étymologique. Par la suite, les réformes se sont succédé : 1718, 1740, 1835, 1878 et 1990, époques à laquelle, rappelons-le, le langage SMS n’était pas entré en vigueur.

2. Elle ne marquera pas l’histoire de notre langue

La réforme de 1990 est sans commune mesure avec celle de 1835, qui a conféré à l’orthographe française sa tournure contemporaine. Parmi les rectifications majeures, le passage de « oi » à « ai ». Jusqu’alors, on disait « français » mais on écrivait « françois ». La graphie a fini par se conformer à la prononciation. Autre changement : le pluriel en « –nts ». Auparavant, on écrivait des dens, des enfans, des savans… Comment l’opinion a-t-elle accueilli cette « révolution » que personne aujourd’hui n’oserait remettre en cause ? Difficile à dire : les réseaux sociaux n’existaient pas…

 3. Elle n’est pas sortie du chapeau de quelques illuminés

Des experts ont été réunis en un Conseil supérieur de la langue française. À sa tête : Bernard Cerquiglini, agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, spécialiste de l’histoire des langues. Les autres membres sont tous d’éminents linguistes, grammairiens, professeurs, éditeurs de dictionnaires… De plus, ces modifications ont reçu la bénédiction de l’Académie française, autorité dont tous les amoureux de notre langue, parmi lesquels les puristes les plus tenaces, se réclament aujourd’hui.

Lire la suite sur le site du Plus / Nouvel Obs

 

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