Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Elles nous ont fait rire et danser, elles ont inspiré nos plus beaux dessins, elles nous ont aidés à trouver le sommeil : ce sont… les chansons de notre enfance ! À l’époque, nous apprenions sagement les paroles sans toujours bien les comprendre. Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des mots d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Parce qu’il n’est jamais trop tard, voici la liste non exhaustive des principaux mots qui nous ont échappé !

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Blonde : « Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon, fait bon, fait bon, Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormir ».

En 1704, date à laquelle a été composée la chanson, blonde signifiait « petite amie » ou « compagne », sens resté usuel au Québec. Ex : « Il va se marier avec sa blonde ».

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Cadet : « Cadet Rousselle a trois maisons (bis) Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis) ».

Héros (malgré lui) de cette chanson, Guillaume Rousselle est surnommé « cadet » car son frère aîné, Claude-Antoine, est né deux ans avant lui. La chanson ayant été reprise en 1792 par l’armée du Nord, le terme aurait aussi pu désigner le gentilhomme qui servait comme soldat. Mais Cadet Roussel était huissier à Auxerre et avait une maison biscornue.

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Tout sur Zou !

Zou !, c’est le titre de transport spécialement créé pour les étudiants de la Région PACA. Un nom bien trouvé qui rend hommage au parler provençal, tout en évoquant le mouvement. Allez, zou ! Lisez la suite !

L’histoire de Zou !

L’interjection Zou ! existe depuis … 1792 ! Malgré sa diffusion dans la France entière, grâce à des écrivains comme Daudet et Pagnol, elle a conservé sa connotation méridionale.

Zou !, ça veut dire quoi?

Zou ! marque l’injonction d’agir et le mouvement. Dans notre exemple, zou ! peut se comprendre de deux manières :

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La Libération des mots

À tous les enfants qui ont ouvert Libération aujourd’hui (et pas que les enfants d’ailleurs) !

Surtout, ne prenez pas ce titre à la lettre : on écrit bien panser les plaies (c’est-à-dire les soigner).

Quant au verbe « penser », il est employé en philosophie avec un complément d’objet direct pour signifier « se faire une pensée, une idée » (ex: penser la France, penser la communication, penser la Bible, etc. ). Penser les plaies revient à réfléchir à une manière de les panser !

Et en creusant un peu, ô surprise ! On découvre que ces deux homonymes ont une histoire commune.

En effet, le verbe panser vient de penser et s’est écrit avec un « e » jusqu’au XVIIIe siècle !  Le glissement de sens s’est opéré par l’intermédiaire d’anciennes expressions comme penser de qui signifiait « prendre soin de, soigner ». On a donc pensé de la plaie avant de panser une plaie !

Sans pour autant justifier des fautes d’orthographe et des figures de style parfois hasardeuses, l’étymologie libère les mots de leur carcan et nous les fait voir sous un nouveau jour !

« C’est une réforme? Non, Sire, c’est une refondation ! »

« Il ne s’agit pas d’une réforme, mais d’une refondation ». Voilà ce qu’a déclaré François Hollande ce lundi matin à Trappes (Yvelines) à propos du système éducatif français.

Réforme, refondation…c’est kif-kif, non?

Vite, un dictionnaire !

Littéralement, la réforme, c’est le retour à une forme meilleure, généralement antérieure.

Quant à la refondation*, c’est le fait de fonder sur de nouvelles bases. Une « réforme en profondeur », dirons-nous.

Il y a donc bien une nuance dans les propos de M. Hollande : lui, il ne fera pas les choses à moitié, lui, il fera table rase du passé, lui, il ira jusqu’au bout et naturellement lui, il réussira !

Mais quand on en est réduit à jouer à ce point sur les mots, on peut se permettre de douter du résultat…

* Le terme « refonte », propre à la métallurgie est également employé au sens figuré pour caractériser l’action de changer, de remanier. Mais contrairement à refondation, il est dérivé du verbe fondre et non fonder!