Bernard Bourée, Viticulteur

Notre patronyme oriente-t-il, plus ou moins consciemment, notre destinée ?

Ceci expliquerait pourquoi Pierre Bourée (le père de Bernard) décida, à la fin du XIXe siècle, de reprendre un commerce de vin et de lui donner son nom.

Comble de l’ironie, il choisit de planter sa vigne au lieu-dit « la Justice », situé en bordure est de la D 974 (Dijon-Lyon).

Certes, à l’époque, l’adjectif argotique « bourré » n’est peut-être pas encore entré dans le langage populaire. Il n’en demeure pas moins que, de notre point de vue, Bernard Bourée est un aptonyme, c’est-à-dire un patronyme dont le sens est lié à l’activité de celui qui le porte. L’aptonymie peut aussi porter sur les caractéristiques physiques ou morales d’une personne. Dans tous les cas, on pourra dire qu’elle « porte bien son nom » !

Le fait que les deux mots – ici Bourée et bourré – n’aient pas la même orthographe n’est pas gênant. Ce qui compte, c’est qu’un rapprochement puisse être spontanément établi, même s’il n’est que phonétique.

Et si notre viticulteur s’était appelé Bernard Sobre ?  Alors, ce serait un contraptonyme !

Et vous, connaissez-vous d’autres exemples d’aptonymes et de contraptonymes?

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Ne jamais dire jamais

Entendu hier sur BFM TV : « La sécheresse aux Etats-Unis, du jamais vu depuis 1956 ».

Cette phrase relève, de mon point de vue, de l’antithèse. En effet, comment peut-on dire qu’un phénomène n’a existé en aucun temps tout en datant sa dernière apparition ?

Si le phénomène est nouveau, là on peut affirmer que c’est une première, qu’il est sans précédent, que c’est du jamais vu. Point final.

S’il s’est déjà produit, mais rarement ou il y a longtemps, on s’exclamera : « on n’avait pas vu ça depuis 1956 ! ». Ici, jamais n’a pas lieu d’être !

Malheureusement, les médias n’hésitent pas à sacrifier sur l’autel du sensationnel la logique de la langue.