Pléonasmes présidentiels

On a souvent raillé l’expression orale de notre Président: un « parler peuple » (naturel ou forcé?) nourri par des syncopes du type « M’sieur Pujadas, j’vais vous dire une bonne chose ».

Mais ce qu’on a pu remarquer hier, lors de son intervention TV depuis l’Élysée, c’est une forte tendance à la redondance :

« C’est toujours mieux de commencer par le point de départ pour arriver à l’arrivée. »

« Si on continue à surcharger nos entreprises de charges… »

Devant de si beaux pléonasmes, moi, j’applaudis des deux mains 😉

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Des bêtes de mots!

Qu’y a-t-il de commun entre un ours, un canard, un dauphin, une mouche et une poule ?

À première vue pas grand-chose. Et pourtant, ces noms d’animaux ont la particularité d’être utilisés pour qualifier des choses, et même des personnes, qui leur sont bien étrangères ! Quel lien existe-t-il, en effet, entre un mammifère marin et l’héritier du trône de France?

Parfois, le rapprochement entre le sens propre du nom et son emploi figuré saute aux yeux. Dans d’autres cas, il est nécessaire de remonter le temps, car la réponse se trouve peut-être dans l’étymologie. Malgré tout, il arrive que la question ne soit pas complètement tranchée et donne lieu à diverses interprétations. Ce qui n’enlève rien au charme de ces mystérieux glissements de sens…

Tenez, ouvrez un journal ou un magazine, n’importe lequel, à la première page. Allez-y doucement quand même, il y a un ours dedans! Vous ne me croyez pas?

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Dira, ira pas?

Après son épouse, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de mélanger deux expressions:  « je n’en dirai pas plus » et « je n’irai pas plus loin ».

En visite jeudi à l’usine Seb de Pont-Evêque (Isère), il a déclaré, à la fin de son intervention:

« Il faut que les importations participent au financement de notre modèle social. Alors… je ne dirai pas plus loin« .

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Police de la polysémie, vos papiers siouplé !

On avait déjà remarqué que les calembours étaient à la fête sur les affiches publicitaires de fin d’année. En ce début 2012, place à la polysémie ! La polysémie, c’est le fait pour un même mot d’avoir plusieurs sens (il est polysémique).

À ne pas confondre avec l’homonymie, qui est à l’origine du calembour. En effet, deux mots homonymes (= qui ont la même forme, phonique ou graphique) sont des mots totalement différents, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas la même étymologie et deux entrées distinctes dans le dictionnaire.

Comme l’homonymie, la polysémie permet de jouer sur l’ambiguïté des mots, afin d’obtenir une accroche forte,  mémorisable, souvent humoristique. Petit tour d’horizon de ce qui se fait actuellement de mieux sur le marché :

Nicorette Skin joue sur la polysémie du nom tabac: le (méchant) tabac que l’on fume et l’expression populaire faire un tabac (avoir un grand succès).

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Peut-on dire d’un film qui n’est pas encore sorti que c’est « déjà un classique »?

Dans un précédent billet, je pestais contre cette boulimie d’adverbes utilisés pour faire la promotion de certains films.

S’il n’est pas question d’adverbes cette fois-ci, l’exagération est une nouvelle fois de mise.

En effet, sur les affiches du nouveau film de Clint Eastwood, J.Edgar, qui sort en salle demain, on a pu lire l’appréciation suivante : « Déjà un classique. »

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SNCFun!

Ce n’est pas parce qu’une de ses filiales vient de licencier 880 personnes qu’on n’a pas le droit de se délecter des nouvelles affiches de pub SNCF !

Souvenez-vous, en 2006-2007, l’agence DDB réalisait, pour Voyages-sncf, une excellente campagne en détournant les inscriptions des panneaux situés à l’entrée des villes et des villages. Les calembours consistaient à traduire  les noms de grandes villes étrangères par des toponymes (noms propres désignant un lieu) bien français. Effet terroir garanti !

C’est ainsi que New-York, Singapour, Istanbul sont devenues respectivement Nouillorc, Saint-Gapour, Yste-en-Boule. Encore plus drôles:  les « destinations soleil » comme Cancún (Quancoune), Mykonos (Mique-aux-Noces) ou Marrakech (Marat-Quèche)…

Cette année, rebelotte, mais l’on joue cette fois-ci sur l’homophonie entre des noms de villes françaises et des mots d’usage courant (en français, mais aussi en anglais).

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Parole de pronom !

Cela n’a pas pu vous échapper : Shakira a repris dernièrement un grand classique de Francis Cabrel, Je l’aime à mourir (la quiero a morir) interprété à la fois en espagnol et en français. Un compromis destiné à charmer nos naïves oreilles sans décontenancer les fans qui ont l’habitude d’entendre la bomba colombienne chanter dans sa langue natale, quand ce n’est pas en anglais.

Consolons-nous en nous disant que Cabrel intègre volontiers l’espagnol dans ses chansons (La Corrida bien sûr, mais surtout Yo vengo a ofrecer mi corazón) et que si la reprise est sans intérêt (voire très désagréable pour les puristes), elle ne trahit pas complètement « l’esprit » cabrélien. Ouf!

Surfant sur la tendance, Shy’m a choisi de chanter En apesanteur de Calogero. Original pour celle qui a déjà le titre Prendre l’air dans son répertoire. Bizarrement, quand je l’entends, j’ai plutôt des bouffées de chaleur!

Plus sérieusement, ce qui m’interpelle, dans ces reprises, c’est que les paroles restent inchangées, quel que soit le sexe de la personne qui les chante! Dans les exemples cités, les chansons ont été écrites par ou pour des hommes. Que des femmes les chantent telles quelles, c’est-à-dire sans « masculiniser » les pronoms personnels, ne semble déranger personne.

D’un côté, je comprends qu’il faille respecter les textes à la lettre, de l’autre, ça me fait un peu bizarre d’entendre Shakira chanter « ELLE n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras » et ce qui se passe quand « ELLE ne veut pas dormir ». Quant à Sh’ym disant « ELLE arrange ses cheveux (…) et sans LA regarder je sens la chaleur… » A moins que les deux jeunes femmes aient souhaité faire leur « coming-out » en musique (et en même temps!) mais mon indic de chez Public me fait signe que non…