C’est beau, c’est bon, c’est la langue de coton !

Hier, en faisant mes courses, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en lisant les emballages de cette escalope de dinde et de cette préparation pour crème dessert au chocolat.

La belle escalope de dinde le gauloisCreme dessert au bon chocolat Alsa

J’ai souri car je trouve absolument absurde pour une marque de qualifier son produit de « beau » ou de « bon », tant cela semble évident (auriez-vous envie d’acheter une escalope moche ou de manger du chocolat dégueu ? Non ? Bon.).

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"C’est une réforme? Non, Sire, c’est une refondation !"

"Il ne s’agit pas d’une réforme, mais d’une refondation". Voilà ce qu’a déclaré François Hollande ce lundi matin à Trappes (Yvelines) à propos du système éducatif français.

Réforme, refondation…c’est kif-kif, non?

Vite, un dictionnaire !

Littéralement, la réforme, c’est le retour à une forme meilleure, généralement antérieure.

Quant à la refondation*, c’est le fait de fonder sur de nouvelles bases. Une "réforme en profondeur", dirons-nous.

Il y a donc bien une nuance dans les propos de M. Hollande : lui, il ne fera pas les choses à moitié, lui, il fera table rase du passé, lui, il ira jusqu’au bout et naturellement lui, il réussira !

Mais quand on en est réduit à jouer à ce point sur les mots, on peut se permettre de douter du résultat…

* Le terme "refonte", propre à la métallurgie est également employé au sens figuré pour caractériser l’action de changer, de remanier. Mais contrairement à refondation, il est dérivé du verbe fondre et non fonder!

Rebelle à la pelle

Après Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat à l’élection présidentielle, c’est au tour de Smart de jouer avec les mots "belle" et "rebelle" à travers le procédé stylistique de la personnification (attribution de caractéristiques humaines à une chose).

 

Or, malgré leur apparente racine commune, ces deux adjectifs issus du latin ont historiquement des sens opposés.

Belle est dérivé de bonus qui veut dire "bon" alors que Rebelle vient de bellum et signifie "qui recommence la guerre".

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Les néologismes des politiques

Quel est le point commun entre le général de Gaulle, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ? Ils ont tous utilisé, durant leur mandat ou au cours d’une campagne, au moins un néologisme.

Qu’est-ce qu’un néologisme ? Un mot nouveau, oui, mais pas seulement : ce peut être aussi un mot existant affecté d’un sens nouveau. Le néologisme est alors ressenti comme tel, il est subjectif.

Or, en la matière, nos politiques ont fait preuve de plus ou moins d’audace. Alors que nos trois présidents se sont contentés de « recycler » des mots désuets avec plus ou moins de succès, Ségolène Royal a inventé de toutes pièces un concept qui a fait couler beaucoup d’encre (et pas que de Chine !).

Que se cache-t-il derrière ces mots oubliés, soudain promis à une seconde vie ? Sont-ils l’objet d’une stratégie de communication bien définie, ou au contraire de la spontanéité, voire de la maladresse de leurs auteurs ? Retour sur quelques bons mots passés à la postérité.

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Qu’est-ce qu’un "salut républicain"?

Dimanche 6 mai 2012. Un peu après 20h. Sur le plateau de TF1, Rachida Dati transmet un « salut républicain » au candidat victorieux François Hollande. Quelques instants plus tard, à Tulle, le même François Hollande adresse également « un salut républicain à Nicolas Sarkozy qui a dirigé la France pendant 5 ans et qui mérite à ce titre tout [notre] respect ».

Pourquoi ces deux personnalités politiques ne se contentent-elles pas de saluer tout court leur adversaire ? Pourquoi se sentent-elles obligées de qualifier leur geste de « républicain » ?

Ici, l’adjectif ne désigne pas ce qui est relatif ou favorable à la République, comme dans « régime républicain » ou « esprit républicain ». Il ne s’agit pas non plus d’une référence au « salut républicain » pratiqué dans les années trente, bras plié et poing levé, par opposition au salut fasciste. Il sert uniquement à insister sur la magnanimité de celui qui salue l’ennemi. Au fond, on pourrait aussi bien parler d’un salut fair-play. Car rendre hommage à celui qu’on a combattu, sans plus de précision, pourrait apparaître comme l’aveu d’une faiblesse. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

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Les organes du débat

À quelques heures du grand débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle 2012, rappelons-nous celui qui, il y a 5 ans, opposa Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy.

Qu’a-t-on retenu de ce débat ? Pas grand-chose, sur le fond comme sur la forme, si ce n’est un jeu de rôle surprenant : un Sarkozy d’un calme olympien (on attendait le « 1e flic de France » prêt à dégainer) versus une Ségolène (la madone de Charlety prêchant « aimez-vous les uns les autres » ) piquante à souhait… et à l’excès.

Durant un monologue qui semble interminable, elle s’emporte contre son adversaire sur la question de la scolarisation des enfants handicapés, mais bizarrement cette colère, qu’elle qualifie de « saine » manque terriblement de spontanéité !

C’est à ce moment qu’elle lâche une réplique aussi surréaliste que le reste : « Je ne m’énerve pas, je suis en colère », en réponse à Nicolas Sarkozy qui l’accuse de « perdre ses nerfs ».

Alors, 5 ans après (il n’est jamais trop tard), je me suis penchée sur la signification de cette phrase qui frise la tautologie en raison de la redondance de ses termes et du non-sens qui en découle.

« S’énerver » / « être en colère », n’est-ce donc pas la même chose ?

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Une campagne peut-elle tenir des promesses ?

En passant devant la dernière affiche de pub pour Skoda, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur la pertinence de leur slogan : « En 2012 découvrez la campagne, celle qui tient vraiment ses promesses ».

Je ne parle pas du fond : il est devenu commun qu’en période de campagne présidentielle, la pub utilise des accroches à connotation politique.  Ici, le slogan est basé sur le double sens du mot campagne, électoral et publicitaire. Cette ambiguïté a fait couler beaucoup d’encre depuis les années 60, époque à laquelle on pensait vendre un homme politique comme un savon.

En revanche, sur la forme, je relève une maladresse de langage.

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Pléonasmes présidentiels

On a souvent raillé l’expression orale de notre Président: un "parler peuple" (naturel ou forcé?) nourri par des syncopes du type "M’sieur Pujadas, j’vais vous dire une bonne chose".

Mais ce qu’on a pu remarquer hier, lors de son intervention TV depuis l’Élysée, c’est une forte tendance à la redondance :

"C’est toujours mieux de commencer par le point de départ pour arriver à l’arrivée."

"Si on continue à surcharger nos entreprises de charges…"

Devant de si beaux pléonasmes, moi, j’applaudis des deux mains ;-)

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Dira, ira pas?

Après son épouse, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de mélanger deux expressions:  "je n’en dirai pas plus" et "je n’irai pas plus loin".

En visite jeudi à l’usine Seb de Pont-Evêque (Isère), il a déclaré, à la fin de son intervention:

"Il faut que les importations participent au financement de notre modèle social. Alors… je ne dirai pas plus loin".

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Sortez vos dicos : Villepin entre en campagne

Invité hier du Grand Jury Europe 1-Le Parisien, Dominique de Villepin a déclaré "La France ne peut pas vivre avec un président hémiplégique qui représente une seule partie des Français"

Pour ceux qui n’ont pas fait d’études de médecine, l’hémiplégie est la paralysie d’une ou plusieurs partie du corps d’un seul côté (touchant un hémicorps). Elle peut être totale, et dans ce cas, le membre supérieur, le membre inférieur, le tron et la moitié de la face sont touchés. (Wikipédia).

Nicolas Sarkozy, président de droite, serait pour ainsi dire paralysé de sa gauche. Dominique de Villepin, par essence "au dessus des partis", serait exempté de cet handicap.

Voilà ce qui arrive quand on laisse un homme qui a davantage fréquenté les livres que les électeurs se mêler de politique : on enrichit considérablement son vocabulaire ! Mais est-ce là le but d’une candidature à l’élection présidentielle?

Le but, non, mais un argument pour séduire les déçus du "style Sarkozy", certainement. Il est vrai que la qualité de son expression orale contraste avec les innombrables syncopes ("J’vais vous dire une chose", "Casse-toi pauv’ con" ou "M’me Merkel") que l’on a l’habitude d’entendre de la bouche de notre Président. Villepin le sait et il en joue. S’il n’est pas élu, il pourra toujours dispenser quelques cours de français. De la cellule com de l’Elysée à David Douillet, ici aussi les candidats ne manquent pas…

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