La disparition du trait d’union

Le trait d’union s’est tiré.

Sans que personne ne s’en offusque, il a disparu de nos textes, même les plus courts. Comme je le comprends ! Depuis sa plus tendre enfance, on le confond avec son cousin le tiret, alors qu’il est plus long et a d’autres fonctions.

Si ce n’était que cela ! L’affront s’est poursuivi avec les mots composés. Avant, le trait d’union servait à les relier, désormais certains ont décidé de s’en passer : ils se sont « agglutinés ». Mais le coup de grâce a été donné, là, dans l’indifférence générale. Le trait d’union qui, à l’impératif, sert à relier le pronom à son verbe, eh bien celui-là aussi a disparu, à tort cette fois-ci !
Voici quelques exemples, à ne surtout pas suivre ! Il faut bien sûr écrire : "écris-moi", "fais-moi", "emmène-moi" (comme dans la chanson d’Aznavour) et "aide-toi".

carte postale chien ecris moi

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Il en manque un bout !

Comment l’expression familière « bout de chou » (qui désigne un enfant mignon) est-elle devenue « bout’ chou » sur ce panneau ?

Elle a été victime non pas d’une mais de deux amputations !

panneau creche les bout'chous courbevoie

De « bout de chou » à « bout d’chou »

Ici, le « e » de la préposition "de" a disparu à l’oral, permettant une prononciation plus rapide. Or, cette nouvelle prononciation a fini par être retranscrite à l’écrit. Ce procédé, consistant à tronquer la fin d’un mot (qu’il s’agisse d’une lettre, d’une syllabe ou d’un son) est une apocope. Elle est très pratiquée par les gens « qui mangent leurs mots ». Par exemple, utiliser « t’ » à la place de « tu » (comme dans « t’as raison ») est une apocope. Prononcer "Mitt’rrand" au lieu de "Mitterrand" est une apocope. Oui, mais si l’apocope permet de gagner du temps, comment se fait-il qu’à Marseille, on ajoute à « pneu » (l’apocope de « pneumatique ») le son [eu] pour faire « peuneu » ?!!

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Bernard Bourée, Viticulteur

Notre patronyme oriente-t-il, plus ou moins consciemment, notre destinée ?

Ceci expliquerait pourquoi Pierre Bourée (le père de Bernard) décida, à la fin du XIXe siècle, de reprendre un commerce de vin et de lui donner son nom.

Comble de l’ironie, il choisit de planter sa vigne au lieu-dit "la Justice", situé en bordure est de la D 974 (Dijon-Lyon).

Certes, à l’époque, l’adjectif argotique "bourré" n’est peut-être pas encore entré dans le langage populaire. Il n’en demeure pas moins que, de notre point de vue, Bernard Bourée est un aptonyme, c’est-à-dire un patronyme dont le sens est lié à l’activité de celui qui le porte. L’aptonymie peut aussi porter sur les caractéristiques physiques ou morales d’une personne. Dans tous les cas, on pourra dire qu’elle "porte bien son nom" !

Le fait que les deux mots – ici Bourée et bourré – n’aient pas la même orthographe n’est pas gênant. Ce qui compte, c’est qu’un rapprochement puisse être spontanément établi, même s’il n’est que phonétique.

Et si notre viticulteur s’était appelé Bernard Sobre ?  Alors, ce serait un contraptonyme !

Et vous, connaissez-vous d’autres exemples d’aptonymes et de contraptonymes?

Gazon maudit

Extrait d’une conversation entre deux promeneurs au château de Fontainebleau.

- Hé ! Regarde ce qu’il y a écrit sur ce panneau, c’est absurde ! Si la pelouse était "interdite", il n’y aurait pas de pelouse du tout ! Je veux dire, on ne l’aurait pas fait pousser à cet endroit. Ce qui est interdit, c’est l’accès à la pelouse. Tu suis?

- Ben on dit bien "sortie interdite" et personne ne s’en plaint.

- Oui, car il est interdit de sortir. Dans notre cas, est-il interdit de "pelouser"?

- Mouais… Tu verrais quoi à la place?

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Cuisine au gaz

Ce restaurant, situé à Courbevoie (92), tire son nom d’un vin rouge de Bergerac. Mais ne vous y trompez pas : étymologiquement "Pécharmant" vient du français médiéval pech (colline) et signifie donc "colline charmante". Ouf !

Dans le 7e arrondissement de Paris, Le Marcel Prout, restaurant "gay friendly" de spécialités du Sud-Ouest, est réputé pour son cassoulet…

C’est pas un peu tiré par les cheveux?

Les enseignes de nos coiffeurs parisiens fourmillent de petits calembours en franglais. Florilège.

40 rue Marbeuf 8e

41 rue de Lappe 11e

18 rue Henry Monnier 9e

Route Auray 56870 Larmor-Baden (Morbihan)

Quant au salon SOLID’HAIRde Bruxelles, il n’a pas jugé utile de faire apparaître son nom sur la devanture (allez savoir pourquoi!):

Rue Léon Lepage 6 1000 Bruxelles

Bon d’accord, je suis un peu injuste. Il y a tout de même un effort de recherche de la part de ces petits coiffeurs. Et puis ça change des grandes enseignes qui se sont contentées d’utiliser le nom de leur fondateur, sans savoir qu’ils portaient tous un prénom composé: Jean-Louis, Jean-Claude, Jean-Marc…et Jean-Passe !

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